J’étais devenu un fœtus, après n'avoir été qu’un embryon. J’avais pris naissance dans un corps sans nom. Au début, j’avais peur de qui, de quoi et pourquoi ? Avec le temps je compris, qu’il n’y avait pas de quoi.
Puis les premiers mois dans le noir passèrent. Je pris confiance, j'avais une poche d'eau comme repère. J’étais relié à un cordon, de très belles chansons me parvenaient, ils m’apaisaient dans ce noir le plus complet.
Cette voix, était si tendre et si douce, que je m’endormais. À mon réveil dans ce cocon, je languissais d’entendre, de nouveau cette voix douce et sacrée, qui m’apportait sans cesse la confiance, pour continuer.
Je sentais le cœur de ce corps qui me transmettait ce dont j’avais besoin pour vivre et pour être libéré. Je ne savais pas si je rêvais, mais j’entendais tout. Il fallait que moi, je m’investisse, pour l’aider jusqu'au bout.
J’essayais de comprendre à l’intérieur de ce corps, avec mon petit cœur, ce qui se passait en dehors. J’y suis arrivé avec le temps, il n’y avait pas d’erreur Avec l’aide de ce corps, je serai un être vivant sans peur.
Puis, ce fut le grand jour, on m’attendait expressément. Je sentais, mon petit corps chassé intensément, qui essayé de sortir de ce passage étroit et obscur. J’eus encore une fois peur, car le chemin semblait dur.
Ma surprise fut si grande, quand mes yeux s’ouvrirent ! Je vis devant moi, une très belle fée me sourire. Mon Dieu ! Qu’elle était belle, souriante, avec ses yeux cernés. Elle me serrait si fort dans ses bras, que j’en ai pleurés !
Je ne savais pas encore, mais je l’ai su beaucoup plus tard. Ce corps qui m’avait porté, et protégé sans trop de fard. Celle qui me chantait de si belles chansons, pour m’apaiser. Était en fait ma maman, et sans aucun doute la plus jolie des fées.
08/04/2003 Pierre Casanova Poème du recueil édité « Voyage au cœur d’une âme meurtrie »