L’aube
était triste en ce jour venteux
et pluvieux.
L’homme remonta le col de son
caban déjà vieux.
La pluie, le vent rien ne pouvait arrêter
ce monsieur.
Le temps ne l’ayant pas épargné,
il marchait dédaigneux.
De
sa stature courbée, il avançait
nonchalant, un peu hasardeux.
Les boutiques allumées reflétaient
la beauté par ce jour tumultueux.
Il se dirigeait vers le port pour voir
le départ de ces bateaux merveilleux.
Dans son cœur il rêvait de
partir loin dans un océan de
splendeur.
Pourquoi
toujours avancer, rechercher quoi ,
un moment de bonheur ?
Ne pourrait-on pas, ne serait- ce qu’un
instant, rebrousser le chemin seul
revoir ces moments de gaieté,
où il n’y avait parfois
que douceur
réparer quelques erreurs, dire
des "je t’aime" plus
souvent avec chaleur ?
La
vie est ainsi faite, me direz vous
!
Le bonheur est souvent en arrière.
Nous n’avons pas le choix ! Il
faut aller de l’avant en essayant
de mieux faire.
Les bateaux étaient là,
prêts à naviguer vers
un horizon exemplaire.
L’homme s’arrêta ,
imagina d’un regard langoureux
et ferma les yeux.
En
un éclair il revit son destin
, comprit ses illusions avec chagrin.
La sirène du bateau en partance
hurlait . Comme tous les jours, il
avait
raté
le départ de sa propre volonté
et comprit qu’il avait fini par
se résigner.
Il rebroussa son chemin , vogua hasardeusement
vers son destin.